Dalal sa xël
Apaise ton esprit
Stéphanie Nyangono — Kirubel Melke — Kha Bamba
Exposition collective — Art textile contemporain
« Dalal sa xël », en wolof, signifie apaise ton esprit.
Une invitation simple, essentielle.
Dans un monde traversé par les tensions sociales, les mutations culturelles, la pression économique et l’accélération permanente, la santé mentale n’est plus un sujet périphérique. Elle est devenue une question quotidienne, intime et universelle. Comment préserver son équilibre intérieur ? Comment vivre avec ses fragilités sans se laisser submerger ? Comment composer avec le tumulte sans se perdre ?
Dalal sa xël rassemble trois artistes textiles africains — du Cameroun, d’Éthiopie et du Sénégal — qui utilisent la matière, la couture, le fragment et l’assemblage comme langage pour interroger cette réalité intérieure. Le textile devient ici métaphore du psychisme : une trame faite de tensions, de ruptures, de réparations et de continuités.
Si le thème de la santé mentale traverse particulièrement le travail de Stéphanie Nyangono, Kirubel Melke et Kha Bamba l’accompagnent dans cette réflexion à travers leurs propres recherches sur l’identité, la mémoire, la mondialisation et les mutations culturelles. Ensemble, ils proposent une lecture sensible et contemporaine de l’expérience humaine.
Le tissu, matière quotidienne, intime et universelle, devient dans cette exposition un espace de projection émotionnelle : on découpe, on coud, on assemble, on recouvre, on superpose — comme on tente parfois de réparer ou de recomposer son monde intérieur.
Dalal sa xël n’est pas une réponse.
C’est une pause.
Un espace de réflexion.
Une respiration.

Les artistes
Stéphanie Nyangono

(Cameroun — née en 2000, vit et travaille à Yaoundé)
Jeune plasticienne formée à l’Institut de Formation Artistique de Mbalmayo, puis à l’Université de Douala (e-design) et à l’Université de Yaoundé I en Arts plastiques et Histoire de l’art, Stéphanie Nyangono développe une oeuvre profondément liée à la santé mentale et aux émotions dissimulées.
Son travail associe collage, couture, tissage et peinture dans des compositions où corps féminins et masculins apparaissent figés dans des postures inspirées de l’imagerie contemporaine. Derrière l’esthétique colorée et séduisante, elle révèle la fragilité, les tensions intérieures et les douleurs silencieuses.
Sa pratique explore la coexistence de la beauté et de la vulnérabilité, invitant le spectateur à accepter ses propres zones d’ombre.
Kirubel Melke

(Éthiopie — né en 1983, vit et travaille à Addis Ababa)
Diplômé en Marketing du National College et titulaire d’un Bachelor of Fine Arts de l’Université d’Addis Ababa, Kirubel Melke développe un travail textile nourri par son enfance, marquée par le métier de sa mère dans une usine de confection.
Il assemble des vêtements de seconde main sur toile, offrant une nouvelle vie aux tissus et interrogeant leur portée symbolique. Pour lui, le vêtement est une extension de l’identité : il raconte l’histoire d’un individu, d’une société, d’une nation.
Ses oeuvres abordent la mondialisation, les transformations culturelles, la justice économique et le rapport entre tradition et modernité dans l’Éthiopie contemporaine. À travers des compositions abstraites ou figuratives, il questionne les tensions entre héritage et influences globales.
Kha Bamba (Khadim Gueye)

(Sénégal — né en 1991 à Diourbel, vit et travaille à Dakar)
Diplômé de l’École nationale supérieure des Arts du Sénégal (DNBA, mention très bien), Kha Bamba développe une pratique qu’il situe entre peinture, textile et design. Inspiré par sa mère couturière et par son oncle, le grand artiste textile Papa Ibra Tall, il fait du tissu son médium central.
Par découpage, couture, collage et peinture, il crée des figures anonymes qui se fondent dans des environnements textiles foisonnants. Ses personnages deviennent des archétypes d’une identité panafricaine en mouvement.
Son travail questionne les rapports entre culture, modernité, religion et ouverture au monde. Lauréat du Singulart Art Prize 2025 et participant à de nombreuses résidences et biennales internationales, Kha Bamba affirme une voix singulière dans le paysage textile contemporain africain.

